Amérique du Sud : Brésil, Argentine, Paraguay, trois pays à la croisée des chemins

Newsletter N°5 · 12 octobre 2026

Amérique du Sud : Brésil, Argentine, Paraguay, trois pays à la croisée des chemins

L'Actu des Marchés · Semaine du 5 au 9 octobre 2026

1 · La note de Polytropos

Amérique du Sud : Brésil, Argentine, Paraguay, trois pays à la croisée des chemins

Au Brésil, tout se joue dans les urnes. Au premier tour du 4 octobre, Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président aujourd'hui emprisonné, a pris une courte avance sur Lula, avec 47,03 % des voix contre 45,16 %. Le second tour, le 25 octobre, s'annonce donc serré dans un pays profondément divisé. Le vainqueur héritera d'une économie qui avance au ralenti, avec une croissance qui devrait se limiter à environ 2 % cette année, freinée par des taux d'intérêt parmi les plus élevés du monde. La banque centrale les a certes réduits cinq fois de suite depuis le pic de 15 %, mais le crédit reste cher, et l'inflation, revenue à 4,44 % en juillet, demeure au-dessus de la cible de 3 %. Les marchés, eux, attendent surtout de savoir comment le futur président tiendra les comptes publics.

Au sud-ouest, l'Argentine respire un peu mieux. Javier Milei a ramené l'inflation d'un sommet de 237 % en 2024 à environ 34 % sur douze mois en juillet, et la Banque mondiale lui prête une croissance proche de 4 % cette année. Le redressement reste pourtant fragile : près de 20 milliards de dollars de dettes arrivent à échéance en 2026, et le FMI réclame que Buenos Aires reconstitue ses réserves. Pour tenir, le président peut compter sur Washington, qui lui a accordé un soutien de 20 milliards de dollars, un appui qui ancre un peu plus son pays dans l'orbite américaine.

Plus discret, le Paraguay s'est imposé comme le favori des investisseurs. Moody's, puis S&P, lui ont décerné la note « investment grade », saluant une inflation maîtrisée et une croissance d'environ 3,9 %. Le président Santiago Peña, qui parie sur une fiscalité légère et une gestion rigoureuse, a aussi choisi son camp sur la scène internationale en s'affichant proche des États-Unis, et il reste le seul dirigeant d'Amérique du Sud à maintenir des liens avec Taïwan.

Un même fil relie ces trois trajectoires : l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, appliqué à titre provisoire depuis le 1er mai malgré la colère des agriculteurs européens. En supprimant progressivement l'essentiel des droits de douane, il ouvre aux trois pays les portes du marché européen. Reste à savoir, le 25 octobre, si le Brésil rejoindra ses voisins dans leur virage à droite ou s'il continuera d'en être le contrepoids.

2 · Top performances de la semaine

Budget, taux, pétrole et dette américaine

Nouvelle semaine difficile à Paris, avec un CAC 40 qui recule de 0,39 % et tourne désormais autour des 7 800 points, son plus bas depuis mars, soit 12 % sous son record d'août. En cause, le projet de budget 2027, qui a fait chuter les obligations françaises et l'euro à son plus bas depuis 17 mois.

Le taux à 10 ans français a brièvement dépassé 5 %, un sommet depuis 2002, avant de revenir vers 4,75 %. Mais relativisons, la moyenne depuis 1986 est de 4,38 %, et le record de 10,70 % en 1987. Nous sommes donc à peine au-dessus de la normale historique. Et l'État ne refinance pas toute sa dette d'un coup : avec une durée moyenne d'environ 8 ans et demi, la hausse se diffuse lentement.

Côté pétrole, le Brent reste autour de 104 dollars, près de 57 % plus cher qu'il y a un an. Le G7 a puisé 100 millions de barils dans ses réserves pour calmer les prix, aidé par la reprise des exportations du Moyen-Orient. Mais le répit risque d'être court, l'agence américaine de l'énergie prévoit près de 105 dollars en fin d'année, et Barclays vise même 115 dollars. Le diesel a d'ailleurs atteint un record de 2,24 € le litre en Europe, contre 1,59 € avant la guerre en Iran.

Mais la vraie montagne de dette se trouve de l'autre côté de l'Atlantique. Les États-Unis doivent aujourd'hui 40 047 milliards de dollars, contre 19 950 milliards en 2017 : la dette a doublé en moins de dix ans ! Elle continue de grossir d'environ 200 milliards par mois, et rien que les intérêts atteindront 1 100 milliards en 2026, un record absolu, plus que tout le budget de la défense. Et cela nous concerne directement : pour financer cette dette, Washington doit emprunter toujours plus, ce qui pousse les taux à la hausse partout dans le monde, jusque chez nous.

Petite éclaircie tout de même : après un rapport sur l'emploi décevant, les marchés ne croient presque plus à une hausse des taux de la Fed en octobre. La probabilité est tombée à 20 %, contre 65 % une semaine plus tôt, de quoi offrir un peu de répit.

Top 3 indices · 05/10/2026 au 09/10/2026
RangIndice1 sem.1 mois1 an
1Nikkei 225+5,42 %+3,96 %+43,98 %
2S&P 500+1,15 %+2,29 %+15,98 %
3Nasdaq Composite+0,64 %+4,24 %+18,86 %
Top 3 actions du CAC 40 · 05/10/2026 au 09/10/2026
RangValeur1 sem.1 mois1 an
1Capgemini+6,13 %+13,35 %-3,88 %
2Publicis Groupe+3,29 %+0,00 %+18,40 %
3L'Oréal+2,08 %+1,50 %+3,12 %

Estimations reconstituées à partir des mouvements de marché observés sur la semaine.

Top 3 secteurs du CAC 40 · 05/10/2026 au 09/10/2026
RangSecteur1 sem.1 mois1 an
1Pétrole & Énergie+2,15 %+7,40 %+11,80 %
2Luxe+0,90 %-8,15 %-14,30 %
3Télécommunications+0,40 %-1,25 %+6,80 %

Performance estimée à partir des mouvements sectoriels observés sur la semaine.

Données fournies à titre informatif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette newsletter ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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