L'or, le bitcoin et le dollar, à qui fait-on encore confiance ?

Newsletter N°6 · 19 octobre 2026

L'or, le bitcoin et le dollar, à qui fait-on encore confiance ?

L'Actu des Marchés · Semaine du 12 au 16 octobre 2026

1 · La note de Polytropos

L'or, le bitcoin et le dollar, à qui fait-on encore confiance ?

Toute la finance repose sur un mot, la confiance, et ces derniers mois, épargnants comme États se demandent où la placer.

L'or reste le refuge par excellence. Après avoir bondi de près de 65 % en 2025, il a atteint un record de 5 405 dollars l'once fin janvier, porté par les tensions géopolitiques et la dette américaine, avant de redescendre autour de 4 100 dollars. Les banques centrales ne se découragent pas : elles en ont acheté 863 tonnes l'an dernier, la Pologne vise 700 tonnes et la Chine en achète chaque mois depuis près de deux ans. Symbole fort, l'or a dépassé en 2025 les bons du Trésor américain dans les réserves officielles, surtout grâce à la hausse de son prix.

Le bitcoin, lui, joue les montagnes russes. Côté cours, après un record en octobre 2025, il est tombé à 58 000 dollars en juin avant de remonter autour de 82 000 dollars, encore un tiers sous son sommet. Ce regain s'explique surtout par le retour des grands investisseurs : les fonds cotés sur le bitcoin, qui permettent d'en acheter aussi simplement qu'une action, viennent d'enregistrer leurs plus fortes entrées de l'année, et de plus en plus d'entreprises en placent une partie de leur trésorerie. Ces achats réguliers ont soutenu les prix après le creux de juin. Pour autant, octobre, d'habitude un bon mois pour lui, ne tient pas ses promesses cette année. Côté usage, on paie toujours très peu en bitcoin, il sert surtout de placement, que l'on garde en espérant qu'il prenne de la valeur.

Ce qui change, c'est donc le profil des acheteurs : ce ne sont plus seulement des particuliers passionnés, mais des acteurs comme BlackRock ou Morgan Stanley. La crypto devient un produit financier comme un autre, ce qui explique qu'on en parle moins.

Côté accélération, la vraie nouveauté vient des « stablecoins », ces cryptos sans montagnes russes dont la valeur est calée sur le dollar. Leur encours dépasse 300 milliards de dollars et les montants qui y circulent rivalisent avec ceux de Visa, car des entreprises s'en servent déjà pour payer à l'étranger, vite et pour presque rien. Les États ont fini par fixer des règles, aux États-Unis comme en Europe, et les banques entrent dans la course. En effet, neuf grands établissements européens, dont ING et UniCredit, préparent un stablecoin en euros, tandis que la BCE prévoit un euro numérique pour 2029. Le bitcoin reste un placement de conviction plus qu'une valeur refuge, mais la technologie qui l'accompagne s'installe sans bruit dans nos paiements.

Quant au dollar, il reste le roi, mais un roi qui vieillit, il ne représente plus que 56,7 % des réserves des banques centrales, contre 71 % en 1999. Les pays cherchent à moins dépendre de Washington, et l'euro en profite discrètement en remontant à plus de 20 %, tandis que le yuan peine toujours à décoller.

Ces trois histoires disent la même chose, on fait de moins en moins confiance aux États, très endettés. Mais aucun refuge n'est sans risque, et pour l'épargnant, le plus sûr reste de diversifier et de voir sur le long terme.

2 · Top performances de la semaine

Paris rebondit, Wall Street trébuche

Belle semaine pour la Bourse de Paris, le CAC 40 gagne 1,58 % et termine à 7 957 points, sa meilleure semaine depuis début août. Pernod Ricard (+10,75 %), Thales (+7,19 %) et L'Oréal (+6,87 %) signent les plus fortes hausses. Paris reste pourtant à la traîne, -2,37 % depuis janvier, contre +7,12 % pour l'Euro Stoxx 50.

La raison principale est un climat politique toujours fragile. Le gouvernement n'a pas de majorité à l'Assemblée et doit faire adopter un budget 2027 qui prévoit plus de 40 milliards d'euros d'économies. Les votes commencent cette semaine, le 20 octobre, puis le 27 pour la Sécurité sociale, et personne ne sait si un compromis sera trouvé. Avec la présidentielle qui approche, chaque parti pense déjà à l'élection, ce qui complique les efforts de redressement. Les investisseurs préfèrent donc attendre d'y voir plus clair, surtout sur les entreprises qui dépendent de l'économie française.

Côté taux, l'OAT à 10 ans se calme un peu et se stabilise autour de 4,8 %, après avoir frôlé 5 % début octobre. L'écart avec l'Allemagne reste toutefois proche de 1,4 point. La France emprunte aujourd'hui plus cher que l'Italie, longtemps vue comme le maillon faible de la zone euro. Ce n'est pas sans conséquence pour les ménages, car ce taux sert de référence aux crédits immobiliers.

À Wall Street, l'ambiance est plus lourde. Le S&P 500 recule de 1,89 % et le Nasdaq de 4,06 %, plombés par les doutes sur l'intelligence artificielle. Les investisseurs se demandent si les dépenses géantes du secteur seront un jour rentables. Les semi-conducteurs américains ont décroché de près de 10 %, et STMicroelectronics perd 9,65 % à Paris.

L'inflation américaine n'arrange rien, elle remonte à 3,7 % en septembre, contre 3,4 % en août, poussée par l'essence (+9,1 % sur le mois). Les marchés ne s'attendent pas à une hausse des taux de la Fed fin octobre, mais la jugent probable à près de 78 % en décembre.

Enfin, le pétrole repart à la hausse, le Brent approche les 110 dollars, en hausse de 3,39 % sur la semaine.

Top 3 indices · 12/10/2026 au 16/10/2026
RangIndice1 sem.1 mois1 an
1CAC 40+1,58 %-2,81 %-2,66 %
2Euro Stoxx 50+0,63 %-0,73 %+10,06 %
3S&P 500-1,89 %+0,28 %+14,94 %
Top 3 actions du CAC 40 · 12/10/2026 au 16/10/2026
RangValeur1 sem.1 mois1 an
1Pernod Ricard+10,75 %+13,47 %-23,52 %
2Thales+7,19 %-1,80 %-4,65 %
3L'Oréal+6,87 %+7,18 %+4,29 %
Top 3 secteurs du CAC 40 · 12/10/2026 au 16/10/2026
RangSecteur1 sem.1 moisDébut année
1Consommation & spiritueux+6,53 %+2,14 %-3,26 %
2Médias & télécoms+5,16 %+0,85 %+9,09 %
3Luxe & cosmétiques+4,56 %-4,92 %-23,05 %

Moyenne simple des valeurs du CAC 40 de chaque secteur, sur 5 séances.

Données fournies à titre informatif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette newsletter ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

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