Newsletter N°7 · 26 octobre 2026
Le cuivre et l'aluminium, le métal rouge a-t-il trouvé son remplaçant ?
L'Actu des Marchés · Semaine du 19 au 23 octobre 2026
1 · La note de Polytropos
Le cuivre et l'aluminium, le métal rouge a-t-il trouvé son remplaçant ?
On parle beaucoup de l'or, mais le métal qui fait vraiment tourner le monde, c'est le cuivre. Il est dans nos câbles, nos moteurs, nos réseaux électriques, et désormais dans les centres de données qui font fonctionner l'intelligence artificielle. Et cette année, il n'a jamais coûté aussi cher, la tonne a battu son record à Londres en août, près de 14 850 dollars, et se maintient aujourd'hui autour de 14 500 dollars, environ un tiers de plus qu'il y a un an. L'explication est assez simple, le monde en demande toujours plus, alors que les mines ont du mal à suivre. Pour mesurer l'ampleur du défi, on estime qu'il faudra extraire d'ici 2050 autant de cuivre que tout ce que l'humanité a produit depuis ses débuts. Et ouvrir une nouvelle mine prend souvent plus de quinze ans. Des incidents en Indonésie, au Congo et au Chili ont fait perdre des centaines de milliers de tonnes de production depuis janvier, et une grève au Chili ralentit encore les choses ce mois-ci. Les États-Unis ajoutent leur grain de sel, car ils envisagent de taxer le cuivre importé dès 2027, sans avoir encore décidé. Dans le doute, les industriels américains font des réserves, ce qui en laisse moins pour les autres et pousse les prix vers le haut.
Face à cette flambée, beaucoup se tournent vers un métal plus modeste, l'aluminium. Il coûte environ quatre fois moins cher et il est plus léger. Son point faible, c'est qu'il conduit moins bien l'électricité, ceci obligeant à utiliser des câbles plus épais. Cela n'a pas empêché Tesla, BMW ou Stellantis de l'adopter, et certains analystes pensent qu'il pourrait remplacer jusqu'à un quart des usages du cuivre d'ici 2030. Le cuivre reste indispensable, mais à force de devenir trop cher, il pousse ses clients à chercher ailleurs.
Pour finir, gardons en tête que derrière le cuivre, c'est l'électricité qui se joue. Encore et toujours, elle reste l'enjeu de demain. Sur le plan climatique d'abord, car les sécheresses privent d'eau les centrales qui en ont besoin pour se refroidir. Sur le plan économique ensuite, avec l'IA et ses centres de données qui font grimper la consommation. Sur le plan politique enfin, car produite chez nous, elle réduit notre dépendance au pétrole, pour un coût bien inférieur. Cuivre ou aluminium, les métaux qui la transportent ont encore de beaux jours devant eux.
2 · Top performances de la semaine
Paris recule, le taux français franchit les 5 %
Semaine difficile pour la Bourse de Paris. Le CAC 40 recule d'environ 1,08 % et termine à 7 783 points. Le luxe a donné le ton, Hermès a perdu 4,9 % après un ralentissement de ses ventes, puis Kering a chuté de plus de 16 % vendredi. Les banques ont elles aussi souffert, car la dette française inquiète toujours davantage. Le taux à 10 ans a dépassé les 5 %, une première depuis 2002. Pourtant, contre toute attente, Moody's a maintenu vendredi soir la note de la France à Aa3, avec une perspective négative. L'agence voit encore des raisons d'espérer. Elle mise sur un choc des consciences, qui pousserait les responsables politiques à s'entendre sur le budget 2027, et sur la capacité de la France à lever l'impôt. Rappelons aussi qu'en 2019, l'Italie n'était plus qu'à un cran de la catégorie spéculative, et qu'elle a pourtant su redresser la barre. Enfin, ces 5 % restent un taux indicatif, observé sur le marché, à ce jour, l'État n'a encore jamais émis de dette à ce niveau.
Aux États-Unis, le taux à 10 ans est un peu redescendu, mais il ne faut pas y voir un soulagement. Cette baisse traduit surtout la peur. Les doutes sur l'IA ont fait fuir les investisseurs vers les obligations d'État. Sur le fond, les taux américains restent proches de leurs plus hauts depuis près de vingt ans. L'inflation résiste, l'État emprunte toujours plus, et les géants de l'IA réclament eux aussi des sommes colossales. Les investisseurs exigent donc d'être mieux payés pour prêter, ce qui renchérit le crédit pour tous. La Fed se retrouve coincée, et une hausse de taux reste attendue d'ici décembre. La dette fédérale frôle par ailleurs le plafond autorisé, ce qui promet un bras de fer politique après les élections du 3 novembre. À Wall Street, le S&P 500 perd 0,87 % et le Nasdaq 1,80%, leur deuxième semaine de baisse d'affilée.
Un sujet est passé presque inaperçu cette semaine, le pétrole. Le Brent frôle 117 dollars, à son plus haut depuis avril, et se dirige désormais vers les 120 dollars. À mes yeux, cela doit nous amener à regarder dès maintenant vers les alternatives de demain, de l'hydrogène à l'électrique.
| Rang | Indice | 1 sem. | 1 mois | 1 an |
|---|---|---|---|---|
| 1 | MSCI World | -0,67 % | -1,68 % | +11,52 % |
| 2 | S&P 500 | -0,87 % | -1,04 % | +12,25 % |
| 3 | CAC 40 | -1,08 % | -3,70 % | -5,38 % |
| Rang | Valeur | 1 sem. | 1 mois | 1 an |
|---|---|---|---|---|
| 1 | EssilorLuxottica | +19,17 % | +25,22 % | -42,18 % |
| 2 | L'Oréal | +8,10 % | +13,43 % | +16,44 % |
| 3 | Eurofins Scientific | +7,30 % | +8,98 % | +34,62 % |
| Rang | Secteur | 1 sem. | 1 mois | Début année |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Energie & Pétrole | +4,34 % | +3,12 % | +12,80 % |
| 2 | Biotechnologies | +1,73 % | -1,15 % | +2,95 % |
| 3 | Optique médicale | +1,20 % | +0,85 % | +4,60 % |
Moyenne simple des valeurs du CAC 40 de chaque secteur, sur 5 séances.
Données fournies à titre informatif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette newsletter ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.